Reportage
Mahyar Monshipour
Un champion du monde engagé aux côtés des lormontais

Lormont Actualités : Qu’est ce qui t’a donné envie de t’investir auprès du Club de Lormont ?
Mahyar Monshipour : Ce club est bien implanté dans le quartier, avec un public jeune parfois en difficulté. Je connais bien les encadrants et l’action qu’ils mènent. Le club de boxe de Lormont n’est pas le seul en France à faire ce travail, mais c’est un club dont je suis particulièrement proche parce que j’en connais bien les éducateurs. J’ai naturellement accepté de parrainer le club quand ils me l’ont proposé.
L. A. : Que penses-tu de la Maison des sports Lormont - les Iris ?
M. M. : Je connais la Maison de sports depuis son inauguration et je la trouve impressionnante. Avoir une structure aussi complète dédiée aux sports de combats, c’est génial. C’est aussi une structure bien implantée dans la ville et facilement accessible sans voiture. Ca fait plaisir de voir qu’elle est bien entretenue et respectée par les gens.
L. A. : La salle de boxe de Lormont est la première à porter ton nom. Quel sentiment en retires-tu ?
M. M. : C’est la première fois qu’une salle de boxe porte mon nom, et ça restera toujours pour moi la première. J’en suis heureux mais je n’en tire pas de fierté : je ne serais pas un homme moins bon si je n’étais pas champion du monde ou si cette salle ne portait pas mon nom. Mais le fait d’être reconnu me permet d’être entendu, comme peut l’être aussi un politique ou un artiste. C’est cela qui importe : en 30 secondes, je peux dire des choses qui vont droit au cerveau des jeunes et qui les amènent à changer de comportement.

L. A. : Comment envisages-tu ton rôle de parrain ?
M. M. : Je rencontre déjà régulièrement les jeunes de Lormont à l’occasion des galas de boxe. Comme le parrainage est plus officiel maintenant, on va pouvoir faire d’autres choses. Je veux leur montrer que ce n’est pas la peine d’être révolté dans notre pays. Si tu travailles, tu peux toi aussi être médecin ou n’importe quoi d’autre. Même si tu t’appelles Mohamed et que tu habites dans un quartier. Parce qu’ici l’école est gratuite et l’université aussi ; ce n’est pas le cas dans les autres pays, aux Etats-Unis par exemple. On a en France des avantages qui n’existent pas ailleurs. On le voit bien l’été, quand on rentre chez nous, pour ceux qui ont d’autres origines, ou quand on part en vacances ailleurs. Cette chance mérite le respect.
L. A. : C’est le message de respect que tu souhaites faire passer ?
M. M. : J’étais moins bien parti que tous les jeunes d’ici, puisque je n’étais même pas français. Quand je suis arrivé d’Iran à l’âge de dix ans, j’étais encore plus déraciné qu’eux. Si j’ai pu devenir champion du monde, c’est grâce à un comportement particulier, jour après jour. Je pense qu’en respectant davantage ce qui les entoure (cette salle, ce complexe sportif, leurs bâtiments, leur entourage, le boulanger...), tous les jeunes d’ici peuvent réussir, professionnellement et sportivement. Maintenant que leur salle d’entraînement porte mon nom, j’attends d’eux un comportement encore meilleur, à mon image.


