Reportage
Pêcheur d’alose : une espèce en voie de disparition
Au début des années 1980, ils étaient 28 pêcheurs amateurs, dûment licenciés, à se retrouver sur les berges de Garonne lormontaises pour taquiner l’alose. Ils n’en tiraient pas de profit, si ce n’est le plaisir d’être ensemble, et préféraient donner le fruit de leur pêche tantôt aux anciens, tantôt aux amis, tantôt aux organisateurs de la Fête de l’alose. La plupart étaient pêcheurs de pères en fils, de toute éternité semble-t-il, et ils comptaient bien transmettre leur passion à leur progéniture.
Un quart de siècle plus tard, ils ne sont pourtant plus que trois amateurs (et un professionnel) autorisés à manier le filet dérivant sur la Garonne. Tabou, Tango et Le Solitaire, ainsi qu’ils se nomment entre eux, regardent la Garonne avec tristesse. Les licences ne peuvent plus être transmises, ils savent qu’ils sont les derniers. “Même si des licences devaient à nouveau être accordées dans l’avenir, le savoir-faire serait perdu ” conclut Tabou, le plus jeune des trois avec ses 57 printemps.
Si, au hasard d’une promenade sur les berges, vous apercevez une petite poignée de pêcheurs lever leurs filets au beau milieu de la Garonne, regardez-les bien : ils sont les derniers maillons d’une tradition qui appartient déjà au passé.


