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n°45

Cet article est paru dans Lormont Actualités n°45 (Printemps)

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Reportage

Cécil, dessinateur de BD professionnel

(JPEG) L.A. : Devenir dessinateur de BD est un rêve de gosse. Comment êtes-vous parvenu à le réaliser ?

Cécil : Comme l’envie était très forte, j’ai beaucoup travaillé. Au tout début, je reproduisais les bandes dessinées de Lucky Luke (créé par Morris). Puis j’ai compris que l’objectif n’était pas de devenir dessinateur de Lucky Luke mais bien dessinateur de bandes dessinées. J’ai alors commencé à me faire toute une culture pour y parvenir.

L.A. : Votre première série de BD (Le Réseau Bombyce) est destinée à un lectorat adulte, la seconde (Contes et récits de Maître Spazi) est résolument tournée vers les enfants. Qu’est ce qui a motivé un changement aussi radical d’univers ?

Cécil : L’envie de réaliser une bande dessinée que je puisse lire avec ma petite fille. Elle me voyait travailler et je ne pouvais pas lui montrer ce que je faisais.

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L.A. : Graphiquement, vos deux séries sont très différentes. L’un ou l’autre style vous est-il plus naturel ?

Cécil : Développer plusieurs styles de front, c’est uniquement une question d’envie et de travail. Le dessin que je pratique le plus facilement est le dessin pour enfant ; le dessin pour adulte suppose une technique plus complexe et plus de documentation ce qui demande beaucoup plus de temps.

L.A. : En tant que dessinateur, vous intervenez en aval du scénariste et en amont du coloriste. Comment parvenez-vous à délimiter l’espace de créativité de chacun tout en conservant une cohérence d’ensemble ?

Cécil : Il faut une grande complicité avec le scénariste pour bien servir son idée tout en restant en accord avec soi-même. C’est aussi difficile pour un dessinateur de trouver un coloriste qui comprenne bien son dessin. Si je n’avais pas rencontré J-J Chagnaud après plusieurs tentatives infructueuses avec d’autres coloristes, je me serais certainement résolu à faire moimême ma couleur.

L.A. : Vous êtes parmi les auteurs les plus impliqués dans les Parcours BD. Qu’est ce qui vous motive pour intervenir en milieu scolaire, auprès des élèves de primaire comme des étudiants ?

Cécil : Le plaisir de leur faire partager ma passion d’abord ! Et aussi celui de casser quelques idées reçues. Quand j’étais petit, mes parents me répétaient toujours que la bande dessinée n’était pas un métier, ils voulaient toujours m’orienter vers autre chose. Je veux montrer aux enfants que, lorsqu’on est vraiment habité par l’envie de dessiner et de raconter des histoires, il est légitime de se battre pour concrétiser son rêve. Faire de la bande dessinée demande avant tout beaucoup de curiosité et d’observation.