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n°47

Cet article est paru dans Lormont Actualités n°47 (Automne)

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Reportage

L’angélique : fleur des estuaires

Sur les bords de la Garonne, et sans doute à Lormont, se développe une herbacée rare : l’angélique à fruits variables. Ombellifère qui ne pousse que sur les berges de quelques fleuves en France, l’Angélique fait partie des espèces rares et protégées.

Grande et élancée, l’angélique peut atteindre deux mètres. Sa tige est robuste, rameuse, creuse et lisse. Elle porte de grandes feuilles découpées. Ses fleurs blanches apparaissent en juillet et en août. L’angélique figure au rang des rares espèces végétales endémiques [1]. puisqu’elle n’est connue au monde que dans les seuls estuaires de la Loire, de la Charente, de l’Adour et de la Gironde. La France ne possède qu’une centaine de plantes endémiques, soit 1 à 2% de l’ensemble de la flore nationale. L’angélique des estuaires fait donc partie d’un patrimoine à protéger.

Repérée de Blaye jusqu’aux limites du Lot-et-Garonne, elle trouve sur nos berges les conditions nécessaires à son développement : une salinité à sa convenance, un sol vaseux qui provient de l’apport des marées mais aussi la présence d’un certain nombre d’espèces d’arbres comme le saule blanc. Si l’angélique est encore présente sur nos berges, elle est cependant menacée. Les milieux que constituent les estuaires sont très convoités par l’homme. Toute intervention les modifiant peut favoriser la régression de l’espèce, voire sa disparition.

Le projet d’aménagement des berges de Lormont inscrit dans le cadre du Plan Garonne de la Communauté urbaine de Bordeaux, prévoit une requalification des rives associant mobilier urbain, équipements publics et traitements paysagers. L’objectif est de valoriser un paysage fluvial quelque peu délaissé et qui fût pourtant autrefois un lieu de vie et d’activités multiples. La présence de l’angélique des estuaires constitue une contrainte réglementaire qui s’impose à la conduite d’un tel projet. La Ville de Lormont a largement souligné dans son cahier des charges l’intérêt de préserver l’environnement et plus particulièrement les espèces menacées. De Lissandre à la ZAC Chaigneau Bichon, c’est tout un patrimoine que la Ville de Lormont souhaite requalifier pour en faire un lieu de détente, de contemplation et de redécouverte du fleuve mais aussi protéger pour son intérêt floristique et faunistique.

[1] Endémique : s’applique à une espèce dont l’aire est restreinte à un lieu géographique.