Un nouvel espace de culture
Située au coeur du Pôle culturel et sportif du Bois fleuri, la Médiathèque est un outil documentaire de pointe. Innovant tant sur le plan architectural que culturel, spacieuse et moderne, baignée de lumière naturelle, la Médiathèque invite à l’inspiration et à la détente.
De nombreuses acquisitions complètent les fonds hérités de l’ancienne bibliothèque. L’offre documentaire, caractérisée par une grande diversité des supports, avoisine les 55 000 documents :
- 25 000 livres pour le secteur adulte, autant pour le secteur jeunesse
- près de 150 titres de périodiques
- 1 300 DVD
- 2 500 CD
- 2 500 livres en gros caractères pour les personnes malvoyantes,
Dans le souci d’adaptation aux nouvelles pratiques et demandes du public, les conditions de prêt des documents sont revues à la hausse : 16 documents empruntables pour une durée maximale de quatre semaines. L’innovation la plus importante semble être l’Espace multimédia comprenant 13 postes informatiques et le wifi accessible sur le plateau Médiathèque. La découverte et l’apprentissage à travers les outils numériques sont donc l’un des points forts de l’équipement.
Si l’accès est ouvert à tous, l’inscription est obligatoire pour ceux qui souhaitent emprunter des documents ou participer à des ateliers. L’adhésion annuelle est de 10€ pour les adultes lormontais, 25€ pour les adultes hors commune. La gratuité est totale pour les moins de 18 ans, les étudiants, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires de minima sociaux.
La Médiathèque participe à de nombreuses actions d’animations culturelles locales ou intercommunales autour du livre ou du multimédia : prix lecture de Lormont, festival de la bande dessinée « Bulles en Hauts-de-Garonne », « Souffles nomades », contes, rencontres d’auteurs, conférences, expositions...
A noter que la Médiathèque propose aussi un service de portage de livres à domicile pour les personnes âgées ne pouvant plus se déplacer ou pour le public momentanément empêché.
Inscriptions :
- Carte d’abonnement gratuite pour les moins de 18 ans (présence d’un adulte indispensable, lors de l’inscription)
- Abonnement annuel pour les adultes résidant à Lormont (sur présentation d’un justificatif de domicile) : 10 € (25€ pour les adultes hors commune)
- La gratuité totale est accordée :
- aux lycéens et étudiants majeurs
- aux demandeurs d’emploi et allocataires des minima sociaux
Contacts
Les coups de coeur 2011
Voici les coups de cœur 2011 de l’atelier de lecture. Cette année les lecteurs ont choisi de présenter deux listes distinctes des livres qu’ils ont retenus :
- Leurs 10 coups de cœur
- Une liste thématique : 7 romans sociaux.
Les 10 coups de cœur
La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe
Un récit faussement initiatique qui nous promène entre dérision et imposture. Monsieur Sim est un anti héros naviguant dans une Angleterre de ultra libérale en vrai grand looser. Il nage dans l’absurde, vendant des brosses à dents et tombant amoureux de son GPS. Nous le suivons dans ses pérégrinations de mensonges en duperies, en pensant que finalement ce personnage est un pur produit du système dans lequel il cherche désespérément sa voie… Drôle et touchant tout en étant caustique et acerbe sur notre monde contemporain.
Purge, Sofi Aksanen
L’auteur retrace l’histoire de l’Estonie depuis la seconde guerre mondiale à travers des personnages féminins. Une ambiance sordide et cruelle est créée par une écriture poignante et crue qui nous frappe. Des questions se posent sur la résistance et la collaboration, sur la destinée des personnes prises dans les tragédies de la guerre : Comment certaines se retrouvent d’un côté ou de l’autre sans vraiment l’avoir choisi... Lecture passionnante.
Un livre qu’on ne lâche pas !
Un immense asile de fous, Louis de Bernières
Cet écrivain baroudeur nous propose une série de récits aux personnages excentriques. Ses chroniques d’un petit village anglais, condensé d’humour « so british », sont drôles, émouvantes, pittoresques et passionnantes. Ce mélange de Raboliot et de Miss Marpel est une pure gourmandise à réserver d’urgence !
À lire de 7 à 107 ans, tellement c’est frais ! Un vrai moment de plaisir : un nuage de crème dans une tasse de thé !
Parle-leur de batailles, de roi et d’éléphants, Mathias Enard
Nous sommes en 1515, Michel Ange a 31 ans et est très sûr de lui. Il part à Constantinople pour construire un pont. Avec malice, Mathias Enard nous fait part de ses échanges et de ses découvertes, de ses peurs et de ses incertitudes. Il met en scène à travers ce voyage la rencontre de deux civilisations, ses chocs, ses doutes et ses émerveillements. Un livre très riche, très dense et très réussi.
Je n’ai pas peur, Niccolò Ammaniti
Ce livre nous raconte à travers les mots d’un enfant de neuf ans la banalité du rapt dans la Calabre au sud de l’Italie. Michele découvre un enfant abandonné. Il surmonte sa peur et retourne le voir, l’aider… Petit à petit se noue une amitié en même temps que se révèle une terrible vérité : Tout le village est impliqué dans l’enlèvement de cet enfant, même la famille du narrateur. Un roman fort et révélateur de l’Italie des années 70 avec un nord en plein boum économique qui fait rêver le sud.
Les variations Bradshaw, Rachel Cusk
Ce livre est une sorte d’autopsie de la vie conjugale. Il portraitise des couples anglais de la middle class : Un homme au foyer et une femme universitaire, une femme au foyer désespérée et un golden boy, un couple d’exclus sociaux… La description des grands parents fait froid dans le dos. Avec une écriture fluide et neutre l’auteur traque les stéréotypes sociaux sournoisement imposés qui minent les couples et enferment chacun dans une solitude où l’incommunicabilité règne en maître.
Le goût des pépins de pommes, Katharina Hagena
Un livre intéressant sur le souvenir, la mémoire et l’oubli. A la mort de leur mère, trois filles et une petite fille se retrouvent dans la maison familiale au nord de l’Allemagne. Les souvenirs vont remonter petit à petit et dans le désordre. Ils vont raconter toute l’histoire d’une famille à travers trois générations de femmes. Celle des grands parents a connu le nazisme. Agréable à lire, cette saga familiale offre un suspense intéressant pour un récit qui mêle avec sensibilité bonheur et tragédie.
La plage, Marie Hermanson
Nous sommes dans une station balnéaire où la narratrice a passé ses vacances dans sa jeunesse. L’un de ses fils découvre un cadavre et l’héroïne se voit ramenée des années en arrière, lors de la disparition d’une de ses voisines et amies. Les personnages sont bien campés, l’ambiance est agréable tout en maintenant le lecteur dans une atmosphère diffuse de mystère proche du malaise. Un récit très bien mené et facile à lire.
Un roman tout en douceur qui nous mène de surprises en surprises pour un suspense continu...
Chaos calme, Sandro Veronesi
Alors qu’il est en train de sauver la vie à deux femmes, la sienne se meurt…
Le narrateur en deuil reporte son affection sur sa fille. Il est un homme qui reste devant le portail de l’école… Il attend de souffrir, mais il s’est installé dans un état qui fait qu’il dit ne pas ressentir le chagrin de la perte.
En filigrane de cette réflexion sur le deuil, de cette rêverie sur l’attachement amoureux, une question : « comment parle-t-on de la mort à une enfant ? »
Le rapport Stein, José Carlos Llop
Nous sommes à Majorque en 1968. Le narrateur vit chez ses grands-parents dans une atmosphère étouffante et pas plus respirable que celle du collège qu’il fréquente. L’enfant vit dans une grande solitude. Un jour, apparaît Stein, un nouvel élève entouré de mystères. C’est un élève libre et joyeux qui vient troubler la vie des internes. Derrière lui se cachent les fantômes des années de guerre et les zones d’ombre de sa propre famille. L’auteur distille les indices au fil du récit et rend compte d’une atmosphère perturbée par la chape de plomb posée sur le passé de la guerre civile.
7 romans sociaux
Cadres noirs, Pierre Lemaitre
Histoire au scalpel d’un quinquagénaire au chômage qui est retenu pour l’obtention d’un poste. Ce job est une aubaine pour lui et il va se jeter corps et âme dans l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous forme de prise d’otage. Quand il se rendra compte que les dés sont pipés, sa colère sera sans limite et le piège tournera au jeu de massacre. Remarquable roman noir sur les conditions de travail des cadres et les nouvelles techniques de management.
Des clous, Tatiana Arfel
Pour le chef d’entreprise de ce roman, les salariés valent des clous et on peut les enfoncer...Il vend du vent et est à la recherche d’êtres lisses qui peuvent s’écraser les uns les autres. Pour les récalcitrants, il organise des stages de remotivation où il va les amener à faire une faute… Ce livre cristallise tous les défauts du management moderne. Un bon roman sur l’entreprise cannibale et l’organisation perverse du travail.
La centrale, Elisabeth Filhol
Nous suivons le quotidien de techniciens itinérants des centrales nucléaires françaises et belges. C’est un personnel nomade et intérimaire qu’on appelle aussi « les brulés ».
Ce texte original, dense et fort parle avec brio de l’univers des centrales. On y découvre la situation sociale de ces agents pas comme les autres en suivant les itinéraires d’une petite équipe aux personnages très différents. Cette peinture d’un esclavage moderne fait froid dans le dos.
Naissance d’un pont, Maylis de Kerangal
Nous assistons à la vie d’une entreprise pour la naissance d’un pont en Californie. Du maire aux techniciens en passant par les ingénieurs et les ouvriers qui viennent de monde entier, l’auteur nous brosse un tableau du nomadisme contemporain dans le monde du travail. Les portraits sont pittoresques et parfois très drôles. Ce roman est remarquablement écrit et produit une fascination autour d’un sujet inattendu et original : Un chantier mondial imaginaire qui semble grandeur nature !
Nina par hasard, Michèle Lesbre
Nous sommes à Roubaix, Nina est apprentie coiffeuse et sa mère travaille dans une usine de textile qui va fermer. Nina est une jeune fille qui évolue dans un univers féminin drôle et bienveillant. Elle sort juste de l’adolescence et commence à porter un regard lucide sur son quotidien : le monde des adultes est rude et on y rencontre le cynisme au détour d’un conflit avec le patron. Ce texte est agréable à lire et élégant. Il offre de beaux passages sur les bonheurs fugaces et la solidarité féminine.
Plan social, François Marchand
Ce petit chef d’œuvre d’humour noir est court et très facile à lire. Il nous propose une satyre de notre société à travers la description d’un plan social de sauvegarde de l’emploi qui met l’entreprise en péril. Le patron va trouver un ultime moyen pour liquider le personnel : la mise en place d’une épidémie. Ce canevas est déroulé pour dénoncer la délation, les patrons voyous, la mondialisation... L’auteur n’épargne rien ni personne avec sa plume incisive et ne recule pas devant la caricature burlesque.
Rouge dans la brume, Gérard Mordillat
Une usine en grève. Un roman écrit au présent sur la nouvelle gouvernance.
Ce roman est mêlé de lyrisme et de réalisme social. Il est encré dans notre temps et propose une image contemporaine du monde ouvrier. Il décrit un mécanisme de destruction et met en exergue les failles de notre système économique et social. L’auteur a un parcours d’écrivain jalonné par une expérience de terrain du monde ouvrier.

