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A partir de novembre, c’est 30 km/h en ville

Cet automne, la vitesse à Lormont sera limitée à 30 km/h presque partout. Une nouvelle réglementation pour davantage de sécurité et une meilleure cohabitation entre usagers.

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A partir de novembre,  il va falloir lever le pied à Lormont. La vitesse par défaut passera à 30 km/h, sur la quasi- totalité du territoire. Seuls quelques axes structurants seront maintenus à 50km/h.

Ce choix de modérer la vitesse répond à la volonté de rendre la ville plus sûre et plus agréable aux usagers, de favoriser un meilleur partage de la voirie et d’encourager les mobilités douces telles que la  marche et le vélo ainsi que l’utilisation des transports en commun.

La sécurité avant tout

La Ville à 30 c’est davantage de sécurité avant tout. Celle des piétons d’abord: dans un choc à 50 km/h, le piéton a une probabilité d’être tué à 60 %;  à 30 km/h  le risque tombe à 15 %. A 30kmh la distance de freinage est 3 fois mois importante qu'à 50km/h.

Celle des cyclistes ensuite, qui verront leur place affirmée et pourront bénéficier de trajets plus sûrs. À 30 km/h, les vitesses des deux roues et des automobilistes ne sont pas très différentes, limitant les dépassements dangereux. La peur de l’accident étant l’un des principaux freins à la pratique du vélo, à commencer par celle des parents pour leurs enfants, une baisse de la vitesse réduisant le nombre et la gravité des accidents, pourrait inciter à l’usage du vélo et attirer de nouveaux adeptes pour les petits déplacements quotidiens. Cette baisse de la vitesse va générer également moins de nuisances sonores. Une vitesse apaisée c’est enfin une circulation plus fluide et bien souvent un trafic en baisse, la voiture étant abandonnée au profit d’autres modes de déplacement.

 

 

Une année d’expérimentation

« Ce dispositif va s’accompagner de beaucoup de pédagogie, explique Jeoffrey Ruiz, adjoint au maire délégué aux mobilités et à la sécurité routière. Le passage à 30km/h ne peut se réduire à un décret ou un panneau. De même, il est illusoire de croire que les usagers de la route vont changer leurs habitudes du jour au lendemain. Son respect et son acceptabilité nécessitent un accompagnement de la part de la Ville. La première année sera donc expérimentale. Nous procéderons à des comptages de vitesse, observerons les comportements, consulterons les usagers, effectuerons une analyse avant/après. Forts des résultats, nous mesurerons les impacts du dispositif et l’ajusterons. Nous procèderons aussi à des aménagements afin que les infrastructures induisent les bons comportements et incitent à ralentir ».

 

Ainsi ce dispositif permettra d’accompagner la mise en double sens cyclables de certaines rues, tout comme l’équipement en chicanes et stationnement sur chaussée. Des aménagements routiers complémentaires au marquage au sol réalisé courant octobre par Bordeaux Métropole. Les panneaux de limitation de vitesse verticaux vont progressivement disparaître des trottoirs et du paysage, au profit d’un marquage au sol conséquent, plus lisible sous forme d’ellipses 30 et 50.

 

Une tendance qui se généralise

Dès novembre, il faudra donc lever le pied. Lormont est la première commune de la métropole bordelaise à sauter le pas. Cenon et Carbon-Blanc devraient suivre rapidement. Jeoffrey Ruiz n’écarte pas la possibilité d’une rive droite à 30, obligeant les véhicules traversant nos territoires à utiliser d’autres itinéraires. De plus en plus de communes françaises passent la vitesse autorisée en voiture à 30km/h, dans toute la localité ou à l’échelle de quartiers. Selon le collectif Ville 30, 100 % des villes françaises l’adopteront en 2040.

« Quand on sait que la vitesse moyenne en agglomération est très souvent inférieure à 30km/h, les automobilistes, même les plus sceptiques, vont vite se rendre compte que ça ne va pas changer grand chose à leur temps de parcours, précise Jeoffrey Ruiz. On va gagner en fluidité du trafic. Il y aura des bénéfices sur les nuisances, la réduction du risque d’accident et leur gravité ».


L’adoption du 30 km/h comme vitesse de référence pourrait même constituer un puissant levier pour inverser le mouvement de la circulation automobile toute puissante et redonner toute leur place aux modes actifs, pour qu’ils se développent dans de bonnes conditions de sécurité et de confort.