Services civiques, Solidarité

Aider les seniors à sortir de chez eux

Inès, Kenza, Housnia et Marc-Antoine, tous les quatre en services civiques, ont pour mission de sortir les personnes âgées de leur solitude. Une mission qui leur tient à cœur et qu’ils assurent avec un enthousiasme communicatif.

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Du fait de la crise sanitaire, la Ville de Lormont multiplie et conforte les dispositifs contre l’isolement des plus âgés.
Depuis la canicule de 2003, les seniors isolés bénéficient d’une visite par semaine ou par quinzaine. Ce dispositif baptisé MonaLisa est assuré par plusieurs agents et bientôt renforcé par le recrutement d’un adulte-relais.

Un service d’écoute téléphonique a également été mis en place dans l’urgence pendant le premier confinement. Il mobilise un agent à temps plein et concerne plus d’une centaine de personnes âgées.

Les services civiques en renfort

Le travail d’accompagnement quotidien par le Centre communal d’action sociale bénéficie également du renfort de jeunes en service civique. Recrutés par l’association Unis-Cités en partenariat avec l’association Wimoov, quatre d’entre eux sont à la disposition du CCAS de Lormont avec pour mission d’aider les personnes âgées, isolées ou fragilisées à reprendre confiance en elles pour se déplacer à l’extérieur.

Par binôme, ils accompagnent la personne lors d’une balade ou pour se rendre à un rendez-vous en transports en commun. En amont, ces jeunes ont été formés par le réseau TBM, leur permettant ainsi une entière connaissance des possibilités du réseau métropolitain.

En chemin pour un premier rendez-vous, Inès témoigne :

« Nous faisons partie du dispositif Voy’âgeurs en faveur de la mobilité des personnes âgées. Nous proposons des visites de convivialité et nous accompagnons les personnes âgées pour de petites sorties. Celles-ci ont peu l’occasion de sortir, elles en ont pourtant envie et besoin. En complément, nous participons au programme d’écoute Covid-19. Il s’agit aussi de visites de convivialité mais à distance, pour briser l’isolement. Nous avons chacun 22 seniors à appeler chaque semaine. Pour ma part, j’assure aussi des visites de convivialité dans une autre commune auprès de personnes atteintes de maladies dégénératives ».

Des objectifs mobilisateurs

« Nous avons commencé notre service civique fin octobre puis, après une période de formation, commencé à intervenir sur le terrain mi-décembre. Notre contrat se terminera fin juin.
Ça se passe très bien. Je pense que ces interventions auprès des personnes âgées sont très importantes, surtout en cette période de pandémie. Elles doivent éviter de sortir et de fréquenter trop de monde, une distanciation qui accentue l’isolement et la solitude.
Une petite visite par semaine, ou même seulement un coup de téléphone dans une journée leur apporte beaucoup. Nous avons davantage de rendez-vous téléphoniques que de sorties. Toutes les personnes n’acceptent pas d’emblée de sortir en notre compagnie. On leur parle de cette possibilité et, une fois qu’elles nous connaissent suffisamment, certaines acceptent qu’on les accompagne ».

C’est le cas de Jeannine Blondeau, suivie depuis déjà quelques semaines par l’équipe des jeunes en service civique. Ils l’accompagnent assez souvent pour se rendre à un rendez-vous ou pour faire de petites promenades autour de chez elle.

Dès les premiers pas de cette sortie du lundi, Jeannine Blondeau explique :

« Je peux prendre l’ascenseur pour descendre jusqu’au hall, mais ensuite c’est difficile de rejoindre la rue. Ma Résidence, le Richelieu 1, n’a pas de rampe d’accès ! Il faut descendre un escalier, ce que je peux faire mais difficilement ».

Aujourd’hui Inès et Kenza sont auprès de Madame Blondeau. Elles la laissent descendre l’escalier par elle-même, car il importe que les personnes accompagnées cultivent cette autonomie, c’est même l’un des objectifs du dispositif. Inès et Kenza restent cependant au plus près, prêtes à intervenir en cas de faiblesse et à parer une éventuelle chute. Il faut dire que l’escalier est raide et les marches difficiles à discerner dans la lumière crue de l’après-midi.

Madame Blondeau est une grande bavarde. Elle apprécie la compagnie d’Inès et Kenza avec qui elle entretient en continue une conversation animée. Aujourd’hui, la vieille dame est d’humeur pâtissière et prend plaisir à transmettre ses meilleures recettes et ses tours de main à la jeune génération. Après la recette du millas du sud-ouest et celle du pudding des familles, dont elle garantit le succès, elle raconte sa jeunesse des années 40 et 50. L’occasion de faire revivre les souvenirs, surtout les bons, par exemple les bals où l’on pratiquait le tango et le paso-doble.
Autre époque, autre pratiques… bien loin du quotidien de nos jeunes accompagnatrices, actuellement privées de lieux de fête et de danse, mais mobilisées pour leurs aînés.

+ d’infos
CCAS de Lormont : 05 57 77 63 60 / ccas@lormont.fr