Portrait

Albert Bareille – Souvenir quand tu nous tiens...

Né le 21 janvier 1915 à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques), Albert Bareille va très prochainement célébrer ses 105 ans . Il évoque quelques souvenirs...

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Les années défilent et Albert Bareille ne change pas. Il conserve une inaltérable bonne humeur et une lueur indicible dans ses yeux… celle des gens qui aiment la vie. Pourtant son existence n’a pas toujours été facile. Entre guerres et privations, il a appris à se construire au fil du temps. « J’ai été gardien de troupeau puis domestique de ferme durant ma jeunesse, je n’avais pas un sou et je n’ai jamais pu faire d’étude. C’est un grand regret pour moi et c’est pour cela que j’ai repris mes livres d’écolier bien plus tard en autodidacte. J’ai toujours voulu combler ce vide et apprendre sans jamais me lasser. Les gens se moquaient de nous et les filles n’aimaient pas les garçons de la campagne. Elles voulaient toutes quitter les fermes et partir s’installer en ville avec un homme riche et instruit. A l’époque à la campagne, il n’y avait pas de voiture, ni de radio et encore moins de téléphone » confie-t-il.
Les bons et mauvais souvenirs d’une vie

A la question concernant le plus éprouvant et le plus beau souvenir de sa vie, Albert Bareille ne se dérobe pas mais fait preuve d’une grande pudeur. « Le plus dur a probablement été mes deux années de prisonnier en Allemagne en 1940 dans le cadre du STO (Service du Travail Obligatoire). Il faisait très froid et on ne mangeait presque rien. C’était très dur physiquement, je travaillais dans la maçonnerie mais je le faisais à contre cœur. Comme mes copains, j’exécutais les ordres en effectuant le strict minimum pour que les allemands me laissent tranquille » se souvient-il.

Après la guerre, il vient vivre à Bordeaux et rencontre Adèle, l’amour de sa vie.

Albert Bareille nous raconte : « J’ai connu Adèle sur le tard. J’avais envie d’être comme tout le monde, de me marier et d’avoir des enfants mais jeune je n’avais pas eu assez d’argent pour fonder un foyer. J’en étais triste. Adèle était veuve et avait déjà un grand fils que j’ai adopté. Nous nous sommes mariés en 1962, j’allais sur mes 48 ans. Elle était femme de chambre et nous avons été très heureux ensemble. Puis, elle est tombée gravement malade et je l’ai accompagnée jusqu’au bout, ici à L’EHPAD de Lormont. Et moi, je suis encore là... »

Le 21 janvier 2020, Albert Bareille aura 105 ans. De nombreuse surprises ont été élaborées par toute l’équipe de l’EHPAD du CHU de Lormont, qui a notamment contacté la mairie de Salies-de-Bearn pour cette occasion. Une vidéo très émouvante lui sera présentée avec notamment l’interview d’une jeune dame qui vient de fêter ses 106 ans. Marie Pécaut-Lartigau est la doyenne des Salisiens et a très bien connu Albert Bareille durant sa tendre jeunesse.

L’émotion devrait être au rendez-vous et de nouveaux souvenirs risquent de resurgir...

Les 105 ans d'Albert Bareilles : souvenirs...