Danse, Portrait

Danseur sans frontière

D’origine ghanéenne, Clément Namoah a découvert la France à l’âge de 15 ans par le prisme du quartier Carriet lorsqu’il est venu y rejoindre son père.

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Issu d’une famille d’artistes, Clément Namoah a suivi dès son plus jeune âge en Afrique des formations de danse traditionnelle. A cette époque, il pratique pour le plaisir et n’imagine pas un seul instant devenir un jour danseur professionnel. A Bordeaux, le déclic se produit suite à une rencontre avec le chorégraphe béninois Norbert Sénou avec qui il se lie d’amitié. Clément Namoah suit ensuite la formation au Certificat d’Aptitude à l’Enseignement en danse d’expression africaine avec la FEIDA de Bordeaux et commence à donner des cours. Il cofonde dans la foulée avec Emmanuelle Arino, à Lormont en 2001, la Compagnie Entre-Nous qui organise des cours, stages et spectacles de danse afro-contemporaine. Le duo évolue ensemble sur scène comme dans la vie. Parents de trois enfants, le couple a aussi créé de nombreux spectacles et chorégraphies. En ce mois de novembre, la Compagnie Entre-Nous célèbre ses 20 ans d’existence !

 

Une référence africaine viscérale

Reconnu sur toute la métropole bordelaise, Clément Namoah incarne une danse à la fois ancrée dans ses racines traditionnelles et totalement ouverte à la modernité. Son travail est basé sur le rapport à l’espace, l’énergie corporelle et la dynamique du rythme. Il se nourrit constamment d’apports extérieurs, de métissages culturels divers et variés tout en préservant une référence africaine viscérale.

 

« Je suis très attaché au respect de la gestuelle traditionnelle africaine, précise Clément. Il s’agit la plupart du temps de mouvements de danse très codifiés qui ont un sens précis dans un contexte donné. Il faut faire preuve d’une grande exigence tout en laissant exprimer sa capacité d’interprétation. La danse, à l’image de la culture, n’est jamais une chose figée, elle est en perpétuel mouvement. Mais elle gagne d’autant plus en liberté lorsque son socle de connaissance est solide ».

 

Ce n’est pas un hasard si Clément Namoah a ressenti le besoin d’évoquer, à travers un projet artistique participatif, la notion de frontière. Celle vécue par chaque migrant qui doit trouver sa place parmi les quolibets ou l’indifférence... celle plus intime et affective éprouvée au plus profond de son être par toutes celles et ceux qui changent de pays, de ville ou simplement de quartier. Un groupe d’une dizaine de personnes (adultes et enfants) participe déjà à cette création collective et les premières restitutions débutent le 4 novembre à l’Espace culturel du Bois fleuri.
Comme souvent dans le milieu de la danse, Clément Namoah est confronté à un problème récurrent de mixité :

 

« Dans mes cours, il n’y a généralement que des femmes. J’ai l’impression que dans la mentalité européenne, il n’est pas très bien vu qu’un homme danse… il y a des a priori tenaces qui je l’espère s’estomperont avec le temps. »

 

 

Clément, lui a su trouver son équilibre. Il est aujourd’hui à 50 ans un homme épanoui qui vit de sa passion et surtout qui la partage. Ses cours sont dynamiques, ludiques et enthousiastes car, par essence, la danse africaine se pratique en groupe pour plus de convivialité et de cohésion. Danser est bon pour la santé et pour le moral !

 

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