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École élémentaire Paul Fort : « Les élèves arrivent et repartent avec le sourire ! »

Comment vit-on la reprise du côté des agents de service dans les écoles ? Témoignage de Florence Peyres, responsable d'équipes à l'école élémentaire Paul Fort.

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« Nos missions de base sont les mêmes, mais nous avons dû les réadapter totalement et les démultiplier, »  constate Florence Peyres.

« Pendant le confinement, Dominique Gaudin, ma responsable à la mairie, nous avait demandé de réfléchir à la réorganisation de nos missions. C'était déjà quadrillé dans ma tête. Dans l'équipe, chacune a apporté des idées. Nous avons également beaucoup discuté avec le directeur, Frédéric Dublanc, les enseignants et les animateurs périscolaires. » Leur réunion hebdomadaire s'est recentrée sur la question sanitaire dans tous les aspects de la vie scolaire.

« L'avantage c'est que nous nous entendons très bien et que nous pouvons compter les uns sur les autres. Nous formons une équipe complète. »

Des habitudes à prendre

Dans une école de plain-pied, comme Paul Fort, spacieuse et dotée d'une immense cour et de points d'eau dans presque chaque classe, la vie par temps de pandémie pourrait paraître plus facile qu'ailleurs. Ces « conditions optimales », comme le souligne Frédéric Dublanc, ne seraient rien sans une organisation minutieuse, conçue pour sécuriser au maximum les espaces et les activités, à tous les moments de la journée. Une discipline de tous les instants et des habitudes à prendre.

« Dans l'école, les classes ne se croisent plus. Les enfants n'utilisent plus le couloir. On les fait sortir directement par les portes extérieures. On n'utilise pas non plus les porte-manteaux. »

Des codes simples, malins et connus de tous ont été mis en place pour gagner du temps dans les échanges. Une chaise au sol ? C'est le signal qui indique qu'elle doit être nettoyée. L'utilisateur d'une salle de réunion commune aux écoles élémentaire et maternelle apposera sur la porte un carton « à laver », qui sera retourné lorsque la désinfection sera terminée.

Les consignes sanitaires appliquées à la lettre

Côté mobilier, tout matériel non utilisé a été remisé et doit rester intouché. Chaque élève a son bureau attitré et doit s'y tenir, comme ailleurs, en conservant ses distances avec ses petits camarades. Le cartable reste en classe, bien accroché à son pupitre. Pas question de faire des allers-retours entre l'école et la maison.

Les mesures d'hygiène sont renforcées afin de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires. Les toilettes sont désinfectées plusieurs fois dans la journée. Les enfants, comme les adultes, se lavent les mains environ une dizaine de fois par jour, à chaque changement de décor.

Au réfectoire, même principe : les élèves entrent et sortent au compte-goutte par des portes différentes, afin de gagner du temps et d'éviter de multiplier le nombre de services. « Ce système libère une place à table pour ceux qui attendent dehors, et évite de stresser les élèves. Ils mangent à leur rythme, mais dans le respect des consignes, » précise Florence Peyres.

Respecter le rythme des enfants

« Le premier jour de cantine, les enfants étaient désorientés. Ils ont pris deux heures pour déjeuner, et pourtant ils n'étaient que 38 ! Ça nous a fait un peu peur ! Mais ils ont rapidement trouvé leurs repères, » poursuit Florence Peyres.

«  Il faut surtout respecter leur rythme. Ce sont des enfants. Ils ont besoin de souffler, de courir, de se défouler. Tout ça est possible, même en respectant le protocole sanitaire. »

Les élèves ont dû apprendre, au moins pour un temps, à se tenir à distance : « L'école est un lieu de sociabilisation et voilà qu'on leur interdit tout geste vers l'autre. La convivialité en prend un coup, c'est sûr. » Mais le message est clair, comme l'indique Frédéric Dublanc : « Ils savent que c'est exceptionnel et que c'est pour la santé de tous. »

Le dialogue avec les familles, déjà très actif, s'est renforcé et les parents, rassurés, n'ont pas hésité longtemps à faire reprendre le chemin de l'école aux enfants. En témoignent les effectifs, qui atteignaient fin mai 90 élèves en classe et 52 à la cantine.

Toute l'équipe s'en réjouit :

« Aujourd'hui les enfants arrivent en courant avec le sourire, tellement ils sont heureux de retrouver l'école, et ils repartent en souriant ! »

Rester toujours vigilants

Pour les agents, le protocole sanitaire, déjà très au point en temps normal, s'est évidemment complexifié. Les gestes barrières sont scrupuleusement respectés, même entre collègues. « Il faut montrer l'exemple ! » Le masque, changé trois fois par jour, est de rigueur. La visière, le tablier, les gants deviennent obligatoires dès que le virucide entre en action, lors du nettoyage des locaux, après la classe. Tout point de contact (sols, mobilier, poignées de porte, interrupteurs, robinets...) doit être désinfecté. Pour gagner du temps (ou plutôt ne pas trop en perdre), Florence Peyres et ses collègues ont décidé de travailler en binôme, alors qu'auparavant chaque agent avait sa classe attitrée.

« Chacune a son rôle et se sent sécurisée par le regard de l'autre. »

La vigilance est de mise pour ne pas baisser la garde. « Le risque c'est de s'habituer. Ce qui nous rappelle à l'ordre, c'est le masque. On finit par oublier qu'on le porte, mais quand on le voit sur les collègues, ça fait une bonne piqûre de rappel ! »

Le timing est contraint, le protocole contraignant, et les agents font preuve d'une belle réactivité, s'adaptant en fonction du nombre d'élèves présents.

« La situation est difficile pour les enfants, et pour les professionnels aussi. Ce sont de nouveaux gestes à intégrer. Ce n'est pas la même école. Mais on trouve toujours des solutions ! »