Vie associative, Citoyenneté

La Protection civile, une association citoyenne

S’investir dans la vie associative revêt presque toujours une dimension citoyenne. Celle-ci est encore plus évidente lorsqu’on s’engage dans une association d’aide aux personnes voire de secourisme au sens le plus littéral du terme. La Protection civile de Lormont témoigne.

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Romuald Philippe préside depuis 21 ans l’association de Protection civile de Lormont. Nicole Etchebarne, investie dans la Protection civile depuis les années 70, est à la fois secrétaire et trésorière de l’antenne Lormontaise.
La Protection civile est sur le qui-vive lors des festivités organisées à Lormont et plus largement sur la Rive droite. Pendant que leurs concitoyens s’amusent avec insouciance, ses quinze bénévoles se tiennent prêts à intervenir. Prêts à parer le moindre malaise, prêts aussi en cas de coup dur.

 

Un engagement renforcé pendant la crise sanitaire

Quand le Covid a deferlé, la Protection civile de Lormont a endossé de nouvelles responsabilités. Romuald Philippe témoigne :

 

« La protection civile n’a pas connu d’arrêt pendant la crise du Covid. Bien sûr les manifestations habituelles ont été annulées, mais nous avons vite été sollicités dans le cadre de la gestion de la crise. Nous avons accompagné la distribution des masques par la Ville et ce n’était qu’un début.

L’ARS nous a demandé d’assurer le contrôle des personnels de l’Ehpad de Bassens de 6h30 à 20h30, 7 jours sur 7 pendant près de 6 mois : prise de température, émargements, mise en place des gestes barrières, etc. C’était utile, indispensable même, mais peu gratifiant.

Pendant les 6 mois suivant, tous les week-ends, nous nous sommes mis à la disposition des Ehpad de Bassens et de Coutras sur d’autres missions. Il s’agissait alors d’assurer l’accueil des familles et de tenir compagnie aux résidents. On a joué aux cartes, on a chanté ensemble. Certains résidents n’étaient pas sortis depuis plus d’un an et n’avaient reçu aucune visite de leur famille depuis plus longtemps encore. Dans cette phase, nous avons créé du lien, c’était beaucoup plus intéressant. Les résidents étaient heureux de nous voir, deux par deux, chacun à notre tour. Nous avons pris également énormément de plaisir à ces rencontres. Les résidents nous  demandaient avec intérêt quels bénévoles viendraient le week-end suivant et quand ils reverraient l’équipe présente ce jour-là. Ça permettait aussi à ces personnes âgées de jalonner le temps, d’avoir des perspectives, alors qu’elles vivaient un quotidien très linéaire. Lors de notre tout dernier week-end auprès d’eux, certains pleuraient de nous voir partir. Nous étions très émus également ».

 

Ensuite, avec l’été et l’accalmie sanitaire, certaines manifestations ont pu être organisées et la Protection civile a repris ses activités de secours. Romuald précise :

 

« Nous avons commencé par effectuer quelques manœuvres pour réviser la bonne maîtrise des gestes par tous les bénévoles après cette trop longue période sans pratique effective. L’équipe avait surtout besoin d’être rassurée avant de retourner sur le terrain. C’était un plaisir de se retrouver tous ensemble et pas seulement en binômes dans les Ehpad »

 

 

 

Avec la protection civile, « ça pass »…

Depuis cet été, les bénévoles de la Protection civile ont adopté une casquette supplémentaire en assurant le contrôle des pass sanitaires. Là encore, il s’agit de s’assurer que la fête ne met pas en péril la santé des participants. Romuald raconte :

 

« En août, nous avons été agréés pour assurer le contrôle des pass sanitaires. C’est un service que nous avons aussitôt proposé à la Ville de Lormont qui s’est saisie de cette possibilité dès le marché gourmand bal populaire / feu d’artifice du 25 août. Nous avons renouvelé l’expérience pour l’ouverture de la saison culturelle, pour le super loto, pour Rose plein les yeux…

 

On aurait pu craindre des tensions alors que les antivax et les antipass manifestaient bruyamment à Bordeaux et ailleurs, mais ce n’a pas été le cas à Lormont. Romuald explique :

 

« À chaque fois, le public s’est montré très coopératif. Les gens comprennent que le contrôle des pass est organisé pour leur propre sécurité et que c’est un acte citoyen de s’y plier, même lorsque cela demande de la patience.
Assuré par nous plutôt que par la police, ce service n’est pas perçu comme une mesure de contrainte mais bien comme un acte de prévention, pour la santé de tous. Nous abordons les gens avec le sourire et ils nous sourient en retour. Pour nous, c’est aussi l’occasion de créer un premier contact avec le public, de faire savoir que nous sommes là en cas de besoin et qu’on peut nous solliciter sans hésiter. ».

Retrouver ce qui nous mobilise le plus

Être dans la prévention, que ce soit dans les Ehpad ou par le contrôle des pass sanitaires, c’est très utile, mais ça ne donne pas tout de même pas la même satisfaction de l’activité de secourisme, quand il faut intervenir à chaud sur un incident, quand on a la possibilité de porter assistance à une personne en souffrance.

 

« C’est ça, notre motivation première. C’est pour cela que nos bénévoles se sont engagés, s’enthousiasme Romuald qui insiste sur le sérieux de son équipe. Intégrer la Protection civile ne relève pas des loisirs. L’engagement est fort et les responsabilités importantes. Si l’on est attendu à huit sur un poste, il n’est pas question d’arriver à six parce qu’on aura finalement préféré faire autre chose de son week-end. La vie de personnes peut en dépendre ».

 

La Protection civile est une association et ses membres sont tous bénévoles, mais on attend d’eux un sérieux et des compétences de professionnels.

 

Nicole Etchebarne explique :
« Ce qui fait toute la richesse de notre action, c’est la qualité de la relation humaine. Face à un blessé, il n’y a pas de clivage de genre, de couleur ou de confession : c’est une relation de personne à personne. D’ailleurs les gens ne viennent pas nous voir que pour des malaises et des blessures. Beaucoup, de plus en plus même, viennent juste pour parler, pour trouver une oreille bienveillante et confier des soucis parce qu’ils n’ont personne à qui parler. On n’apporte pas de solution à ces soucis mais, rien qu’en écoutant les personnes, on contribue à les soulager ».

Engagez-vous, faites société !

Romuald et Nicole recommandent l’engagement associatif comme acte citoyen. Romuald souligne la satisfaction d’être utile à la collectivité et de contribuer au bien être de tous. Nicole argumente en complément :

« S’engager dans une association, quelle qu’elle soit, c’est bien sûr apporter au collectif et à la collectivité en général. Mais c’est aussi recevoir beaucoup. Le simple fait de côtoyer d’autres personnes et de mener un projet ensemble génère des échanges enrichissants. Dans un monde égocentré, pour convaincre les gens de s’engager dans le bénévolat, il faut d’abord les convaincre des bienfaits de l’altruisme pour le bénévole lui-même. Il faut  souligner ce que l’engagement citoyen apporte à celui qui donne de son temps et de sa personne. Et ça apporte beaucoup ! Faire partie d’un collectif permet d’intégrer un réseau amical et solidaire, de faire partie d’une famille diront certain. C’est l’occasion de beaux partages au sein de l’équipe mais aussi plus largement avec toutes les personnes que l’on est amenées à rencontrer. Prendre un engagement citoyen permet de sortir de sa bulle, de s’ouvrir aux autres, de grandir ».

Petits gestes, grandes conséquences

Comme la plupart des associations, la Protection civile est en recherche permanente de bénévoles dont elle assurera la formation et qui viendront grossir les rangs des secouristes de terrain. Vous n’êtes pas assez disponible vous engager auprès de l’APCL comme secouriste de terrain ? Ne tournez pas pour autant le dos à sa formation aux premiers secours.

Cette formation d’une journée proposée à un coût modique vous initiera aux gestes qui sauvent. Outre le bénéfice personnel (vous pouvez être amené à secourir un proche), vous contribuerez à renforcer le maillage des secouristes formés à travers la ville. Pour que toutes les vies sauvables puissent être effectivement sauvées, il importe qu’il y aient, en tout lieu et à toute heure, des personnes capables de mettre en application les gestes appropriés.
La formation aux premiers secours est un investissement personnel très raisonnable mais un acte citoyen fort et un enjeu vital.

Prochaine formation dimanche 7 novembre !

 

+d'infos :
Association de protection civile, antenne de Lormont :
06 69 65 16 28 / apc.lormont@gmail.comprotection-civile.org

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