Education

La rentrée de l’inspectrice de l’Éducation nationale

Inspectrice de l’Éducation nationale, Sylvie Rebeschini vit sa 7e rentrée à Lormont. Elle nous livre son regard sur l’éducation et le rôle que chacun doit y prendre.

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Sylvie Rebeschini déploie localement la politique éducative définie par l’État. Elle assure des missions d’inspection, d’évaluation, de formation et d’animation.
La ville de Lormont est classée en réseau d’éducation prioritaire renforcée (REP+). Les enseignants en REP + bénéficient chaque année de 9 jours pour soit se former (formation assurée par l’équipe de circonscription), soit travailler en équipe au service des apprentissages.
À Lormont, les effectifs sont en augmentation, notamment en maternelle. L’inspection travaille en étroite collaboration avec la mairie pour l’adaptation des locaux dans les écoles communales, tâche conséquente quand il s’est agi de dédoubler tous les CP et CE1 !

 

 [Entretien avec Sylvie Rebeschini]

 

Après plus d’un an de perturbations liée à la pandémie de COVID19, comment vous apparaissent les enfants à l’aube de cette nouvelle rentrée ?

« Globalement, les enfants vont bien. Le décrochage n’a concerné que quelques familles dans certaines écoles. A priori, il n’y a pas de baisse de niveau suite à la pandémie. Les évaluations des CP et CE1 l’ont confirmé à l’échelle nationale comme au plan local. Les résultats au brevet des collèges sont également bons. Ce que le confinement a mis en lumière, c’est le besoin d’outils numériques et leur   maîtrise. La ville a mis à disposition 40 tablettes tactiles pour certaines familles qui n’étaient pas équipées. »

 

 

Les enfants y ont-ils gagné une plus grande maîtrise des outils numériques ?

« Contrairement à ce que l’on peut penser, les enfants ne maîtrisent pas l’outil numérique. Jouer en ligne ou aller sur les réseaux sociaux ne constitue pas une base de compétences suffisante. Quelques formations ont été proposées dans le cadre de la Cité Éducative avec la conseillère pédagogique chargée du numérique de la circonscription pour aider les parents à contrôler les usages numériques de leurs enfants. C’est un investissement à poursuivre l’an prochain.

 

Dans le cadre des programmes en éducation morale et civique et dans toutes les autres disciplines, on apprend aux élèves à développer un esprit critique, connaître ou reconnaître des sources fiables, apprendre à écouter, à échanger dans des débats. Ceci se travaille en primaire et se poursuit au collège. C’est un enjeu fort pour construire « le futur citoyen » et l’objectif est loin d’être atteint. »

 

 

Comment se conjuguent les énergies au sein de la Cité éducative ?

« La Cité éducative a permis l’apport renforts pour tout ce qui concerne l’aide à la parentalité et la médiation.
À l’école, Éducation nationale et mairie travaillent en complémentarité. Dans la journée de l’élève, beaucoup d’adultes de statuts différents se succèdent. Il est donc nécessaire que tous ces adultes adoptent une posture identique afin que les élèves gardent les mêmes repères. Les élèves ont besoin d’un cadre rassurant : ils doivent recevoir une réponse similaire quel que soit l’adulte auquel ils s’adressent.

Dans l’enceinte de l’école, adultes et enfants se doivent mutuellement respect. Les règles de l’école, tout comme les valeurs de la République, ne sont pas négociables. Ce principe fondamental vaut tant pour les élèves que pour les familles. Pour mieux communiquer, il faut expliquer aux familles le cadre de références, les valeurs portées par l’école.

 

Des formations conjointes relatives à la parentalité, la communication, le rôle des parents… seront mises en place au profit du personnel de la Ville de Lormont et de l’Éducation nationale, dans le cadre de la Cité Éducative. »

 

 

 

Quelle doit être la part des parents dans l’éducation des enfants ?

« Le dispositif « classe dédoublée » et l’accompagnement mis en place à Lormont font que la situation ne se dégrade pas localement, voire s’apaise. Mais ceci nécessite un vrai travail dans les écoles en termes de climat scolaire.
Enseigner et éduquer sont deux parts indissociables du métier d’enseignant à l’école élémentaire, mais l’éducation est aussi de la responsabilité des familles, voire de tous les adultes. Un proverbe africain dit « Il faut tout un village pour élever un enfant ».
Pourtant, quand un enfant fait des bêtises dans l’espace public, les adultes laissent trop souvent faire, par crainte ou par indifférence. Il faut revenir à la vérité de ce proverbe africain. »