Musique

Orchestre d’harmonie : La flamme olympique !

Dirigés à distance par Olivier Rousset, les musiciens de l’orchestre d’harmonie travaillent leur répertoire par écrans interposés, en raison des contraintes sanitaires. La musique continue, malgré l’éloignement.

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« Bonjour, tout le monde. J’ai eu quelques retours au sujet de la vitesse, sur la vidéo que je vous avais envoyée précédemment sur You Tube. Je vais vous expliquer deux-trois bricoles pour travailler tranquillement. »

Non, ce n’est pas un spécialiste des tutoriels en ligne qui s’exprime, mais bien le chef de l’orchestre d’harmonie de Lormont, en mode « à distance », Olivier Rousset !

Depuis novembre dernier, les musiciens de l’orchestre et leur chef communiquent par vidéo, seul moyen de continuer à travailler leur répertoire. Un exercice sur le fil, qui fait autant appel à la vivacité musicale qu’aux capacités technologiques, comme en témoigne Olivier Rousset.
« Un orchestre complet ne peut pas travailler en visioconférence. Même quand on est équipé de la fibre et d’un ordinateur haut de gamme, il y a un temps de latence qui ne permet pas de jouer tous en même temps. Certains, par ailleurs, n’aiment pas la visio qui est un peu intrusive. D’autres aimeraient se lancer, mais ne se sentent pas assez sûrs d’eux pour jouer en direct, seuls avec moi. »

Pas facile de diriger dans ces conditions.

« Depuis que j’ai pris la direction en janvier 2020, nous n’avons eu que 10 répétitions et je n’ai pas dirigé une seule fois en concert ! C’est difficile pour l’orchestre de s’habituer à moi et il me faut, moi aussi, me familiariser avec ses réactions. »

« Sans la technologie, ce serait une catastrophe »

Olivier Rousset fait feu de tout bois pour motiver ses troupes… jusqu’à se lancer dans le montage vidéo pour mettre en œuvre et en ligne une pièce musicale orchestrée par ses soins. Mais là encore, pas d’improvisation. « Je n’y connaissais absolument rien. J’ai donc changé d’ordinateur et pris des cours. J’y passe des heures ! »

Des heures, il en aura fallu également, pour monter, avec l’orchestre réduit à 16 musiciens, The Olympic Spirit, pièce composée par John Williams pour les jeux olympiques de Séoul.

« Le plus important, c’est le travail personnel sur l’instrument, souligne le chef. Mais, contrairement aux répétitions, il n’y a pas de contrainte de mise en place de chacun par rapport à ses collègues. Chaque musicien a joué en solo en suivant la bande que je leur avais envoyée. Puis j’ai passé de longues heures à caler les sons et les vidéos que j’avais reçus en retour ».

Olivier Rousset, devant son ordinateur, passe en revue les vidéos « d’avant » : des concerts sur scène, avec des musiciens en costumes, partageant le plaisir de la musique et l’esprit de la fête. À partir de 2020, ce ne sont plus qu’écrans partagés et musiciens en solo, réunis par la seule entremise de la technologie.

« Ça nous permet de faire beaucoup de choses. Heureusement qu’il y a la visio, sinon ce serait une catastrophe. »

Remonter un concert dès que possible

Démotivés, certains musiciens ont rangé temporairement leur instrument au placard en attendant les retrouvailles.

« Il y aura une importante remise à niveau à faire, estime Olivier Rousset. Le but d’un instrumentiste ce n’est pas de jouer seul dans sa chambre, mais avec d’autres musiciens. Jouer en orchestre d’harmonie, c’est retrouver les copains et être ensemble. S’il y a une émulation et une envie de se retrouver, on se fait plaisir et on progresse. C’est le sens originel du mot « amateur » : « qui aime ». Là, le plaisir et la convivialité n’y sont plus. On travaille, on progresse, mais il manque le contact ».

Pour éviter la frustration, tous les concerts prévus cette année, seront réalisés en vidéo… comme l’an passé. Mais surtout, Olivier Rousset et Christian Sourgens, le président de l’association qui gère les activités de l’orchestre, imaginent « l’après », quand les mesures sanitaires seront levées : des répétitions « pour de vrai » et un concert le plus tôt possible.

« Mais il nous faudra un ou deux mois de préparation. Notre projet est d’étudier une partie de programme et de jouer avec les collègues d’autres villes qui auront travaillé le reste. C’est essentiel pour remotiver les musiciens ».

« The Olympic Spirit »