Jeunesse, Jeunes engagés

Raphaël Delbur, un regard sur la citoyenneté

Ancien du conseil municipal des enfants, aujourd’hui membre des Jeunes engagés, bientôt majeur, Raphaël nous livre son regard de jeune citoyen.

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Tu es tombé dans la marmite de la citoyenneté quand tu étais petit. Comment t’es tu retrouvé élu au Conseil municipal des enfants ?

J’ai suivi les traces de mon frère Antoine qui était au CME avant moi. Quand Pierre Courbin, l’animateur du CME, est venu dans ma classe de CM1, à l’école Marie Curie, j’ai eu envie de participer moi aussi à cette aventure. Je me suis présenté devant mes camarades, je portais un projet en faveur de plus de propreté dans la ville. C’est sûr cette base que mes camarades m’ont choisi pour les représenter.

 

Quels acquis gardes-tu de tes années au Conseil citoyen des enfants ?

J’ai grandi avec les projets que nous avons mis en place, comme la mascotte de l’environnement. Ça m’a appris à travailler en synergie. Pierre Courbin nous dit toujours que « tout seul on va plus vite, mais qu’ensemble on va plus loin ». C’est une devise que j’ai faite mienne. Le CME m’a également permis de faire de belles rencontres qui m’ont poussé sur le chemin de l’engagement citoyen.

 

 

 

Comment en êtes-vous venus à fonder une junior association ?

Le Conseil municipal des enfants, ça ne dure que deux ans. Ensuite il faut céder la place aux plus jeunes. Mais nous avions été très intéressés par cette première expérience de la citoyenneté et nous avions envie de continuer. C’est Pierre Courbin qui a trouvé ce cadre légal pour permettre à ceux qui le voulaient de poursuivre l’aventure. Au début nous étions 6, aujourd’hui nous sommes 35. Beaucoup d’anciens du CME mais aussi d’autres jeunes.

 

Quelle est la réalisation dont tu es le plus fier ?

Il y a bien sûr « Un Sourire à l’hôpital » qui nous a permis de visiter des enfants durablement hospitalisés, de leur obtenir des cadeaux, de leur lire des histoires. Mais si je ne dois choisir qu’un projet, je dirais « Le projet dont Raphaël est le plus fier, c’est le jardin intergénérationnel dont le groupe lui à confié le pilotage. C’est le projet sur lequel je me suis le plus impliqué et dont je tire le plus de fierté. Nous venons d’en terminer une première version à la ferme des Iris et nous le transposerons au pied de la nouvelle Résidence de personnes âgées dès  que la construction de celle-ci sera achevée.

 

 

 

Que gagne-t-on à fréquenter Pierre pendant près de 10 ans ?

Pierre a une expérience plus longue encore du CME et du travail dans la Ville. Il nous a énormément transmis de ce qu’il sait et de ce qu’il sait faire. Il nous a appris avec beaucoup de bienveillance à monter des projets et à travailler ensemble. Il nous laisse faire par nous-mêmes, mais il pose des questions pertinentes pour nous orienter dans la bonne direction. Il nous aide aussi à apprendre de nos erreurs. Bienveillance, c’est le mot numéro un quand on pense à Pierre.

 

 

« Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin »

 

 

Quelles sont les autres rencontres qui t’ont le plus influencé, toutes catégories confondues ?

Je pense en premier à Karima Medjeded, championne paralympique de judo, qui nous a appris à ne pas nous laisser décourager par les difficultés, même très importantes, et à rester concentrés sur nos objectifs.
Maférima Diagne, l’adjointe au maire déléguée à la jeunesse, nous a apporté beaucoup aussi, de par ses récits d’enfance en Afrique comme de par son expérience de la comptabilité. Ses compétences pratiques et son regard sur la vie sont inspirants.
Jean Touzeau, bien sûr aussi, avec qui nous avons échangé assez souvent. Le maire nous a transmis sa passion pour Lormont et sa détermination à améliorer la Ville. J’ajouterais aussi Joël Martin que Pierre connaissait par le rugby et qui nous a ouvert les portes de l’hôpital, c’est grâce à lui que nous avons pu aboutir notre projet « Un sourire à l’hôpital » et apporter du réconfort aux enfants malades.
Et bien sûr aussi Robert Antony du Conseil des sages qui est le parrain de notre association et qui est aussi mon voisin aux Alpilles. Il nous apporte un regard toujours précieux.

 

 

Dans un an, tu seras majeur. Plusieurs jeunes engagés le seront aussi. Comment envisagez-vous votre engagement citoyen à partir de là ?

Acelya sera la première majeure parmi nous puis Céline et moi. Nous prévoyons de monter une association Loi 1901 qui nous donnera plus de liberté et nous permettra de mener des projets de plus grande ampleur.
Notre objectif est que cette montée en puissance profite aussi à la junior association et à ses projets. Actuellement, Les Jeunes engagés sont une filiale du Réseau national des junior associations ce qui induit certaines limites, notamment financières. N’ayant pas de numéro Siret, il est compliqué de recevoir des subventions. L’association Loi 901 que nous prévoyons de créer pourrait devenir l’association mère des Jeunes engagés et ainsi libérer leur potentiel.
Nous aimerions aussi permettre à des jeunes de gagner un peu d’argent en échange de petits services. Il pourrait s’agir d’aide à la personne, à la demande de particuliers, ou de petits chantiers qui seraient proposés par la mairie. On favoriserait ainsi à la fois leur autonomie et leur implication sur le territoire.

 

Est-ce que les jeunes lormontais, dans leur globalité, te paraissent suffisamment citoyens. Que faudrait-il faire pour eux, ou que devraient-ils faire eux-mêmes pour le devenir davantage ?

Pour une bonne partie d’entre eux, les jeunes lormontais se comportent déjà en citoyens ou en tous cas en ont l’envie. C’est l’exemplarité qui peut les amener à s’investir. Il faut leur montrer qu’il y a déjà sur le territoire des jeunes actifs et qu’ils peuvent les rejoindre ou développer de leur côté des actions complémentaires. C’est donc une affaire de communication, dans un premier temps. Il serait bon qu’ils puissent bénéficier comme nous d’un accompagnement dans leurs projets.
Pour ce qui concerne les jeunes... disons les moins citoyens, un accompagnement est également nécessaire afin qu’ils cessent de se percevoir eux-mêmes comme « les jeunes du quartier » au sens péjoratif de la formule, et qu’ils puissent eux aussi devenir « les jeunes de la ville » en tant que force de proposition et de construction. C’est par les jeunes qu’on réussira à casser l’image de cité qui colle encore à Lormont.

 

L.E.S JEUNES ENGAGES "un sourire a l’hôpital" - ULULE