Economie, Portrait, Déconfinement

Sandy a repris ses ciseaux

Depuis une semaine, Sandy, dans son salon de coiffure n'arrête pas. Après deux mois d'arrêt, elle a enfin repris son activité. Pour le plus grand plaisir de sa clientèle.

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Le 14 mars, Sandy avait dû  stopper net son activité, comme beaucoup d'autres commerces considérés non essentiels. En baissant les grilles de son salon ce soir-là, elle ne s'attendait pas à passer deux mois sans travailler, tout au plus 2 semaines comme annoncées par le Chef de l'Etat.

« J'ai considéré cela comme des vacances forcées. J'étais étonnée, pas du tout préparée et j'avoue avoir tout laissé en plan dans le salon, pensant pouvoir y revenir très vite », raconte Sandy.

Une longue pause

Mais rapidement, elle comprend que la pause sera plus longue que prévue. L'inquiétude s'est alors installée.

« Je me suis demandée comment j'allais payer mes factures, les charges du salon comme celles de la maison, comment j'allais tout simplement remplir le frigo et conserver un toit sur la tête. Ma trésorerie n'était pas suffisante pour faire face et là j'ai tout de suite imaginé le pire avec l'intervention des huissiers. J'ai vraiment eu peur pour moi et ma famille à ce moment là. J'ai commencé à être un peu plus rassurée quand j'ai su que j'allais pouvoir avoir des aides. J'ai finalement bénéficié du fonds de solidarité qui m'a permis d'assurer mes factures personnelles et pour le salon j'ai obtenu le report des charges, l'annulation des loyers et une aide financière de l'Ursaff. J'ai très vite choisi de sauver ma situation familiale plutôt que mon salon. J'ai 35 ans, j'ai un métier, je suis expérimentée, et je sais que même si je déposais le bilan, je rebondirais très vite. Je serai fixée dans 3 mois quand il faudra faire face aux différents reports. La partie est loin d'être gagnée».

Ni café, ni magazines

Quelques jours avant la réouverture de son salon, Sandy est venue faire le ménage et la désinfection de ses locaux. Elle a dû revoir toute son organisation et sa façon de travailler pour minimiser les risques. Elle dû aussi acheter masques, gants, désinfectants, linge supplémentaire, autant de dépenses désormais indispensables pour travailler en toute sécurité. Mais pas question pour cette jeune coiffeuse d’augmenter ses tarifs, les clients sont libres de laisser quelques pièces dans la petite tirelire prévue à cet effet.

Depuis le 11 mai, c'est le rush dans le salon. Les coupes se succèdent et pour faire face à la demande, Sandy travaille en continu du lundi au samedi de 10h à 19h. Mais les petits plaisirs du rendez-vous coiffeur sont jusqu'à nouvel ordre à oublier. Pas de café, pas de magazines et des consignes sanitaires à respecter à toutes les étapes.

Sandy enregistre avec bonheur le retour de sa clientèle, qui tout au long du confinement lui ont adressé des messages de sympathie et de soutien : 

« Mon carnet de rendez-vous est complet, du lundi au samedi. D’ailleurs, j’ai prévu d’ouvrir les mercredis, mon jour habituel de fermeture et bien sûr je n'envisage aucun congé cet été. C'est encourageant même si je sais que je ne parviendrai pas à rattraper le chiffre d'affaires perdu ».

Et au-delà des considérations économiques, Sandy nous avoue à l'issue de cet entretien  son admiration pour les personnels soignants qui  se sont investis pour combattre le virus et sauver des vies.

« J'ai quelques soignants dans ma clientèle, que j'ai choisis de continuer à coiffer en dépit du risque potentiel. Comment me permettre de ne pas le faire quand on sait à quoi ils ont fait face pendant des semaines ? C'est ma façon à moi de les applaudir et de les soutenir ».

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