Education, Jeunesse

Tous au FabLab avec la Cité éducative

Culture numérique et FabLab sont au cœur d’une action phare de la Cité éducative lormontaise. Ce dispositif exceptionnel vise à offrir aux petits Lormontais une école encore plus qualitative notamment en optimisant la synergie entre enseignants, personnels périscolaires et familles. Des acquisitions et une première formation menée par Cap Sciences viennent d’en poser les jalons.

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« La Cité éducative s'est inscrite dans un projet numérique global et très élargi, explique Chloé Estève. Celui-ci vise prioritairement à réduire la fracture numérique en équipant les familles et en formant les professionnels ».

Cheffe de projet Cité éducative à Lormont, Chloé Estève détaille :

« La Cité éducative a acheté un lot de tablettes. Celles-ci complètent le parc de tablettes déjà disponibles dans les écoles.Elles pourront être remises aux familles non-équipées en continuité de projets en classe. Elles assureront une continuité pédagogique dans les familles contraintes à un isolement temporaire et soutiendront les élèves les plus fragiles via des enseignements adaptés ».

Le numérique est un levier vers de nouvelles formes d'apprentissages et de découverte. La Ville développe ainsi deux supports complémentaires qui profitent directement aux écoles.

Outil high tech grand public et formation

D’une part, la Ville a renforcé le FabLab existant à la médiathèque du Bois fleuri. Cet atelier ouvert au public permet à chacun de concevoir et réaliser des objets intégrant une part de technologie.

« Cet espace, doté d’imprimantes 3D et de brodeuses numériques, invite à la conceptualisation et à la programmation », explique Chloé Estève. L’atelier attire les curieux et permet à différents publics de se rencontrer et de partager des moments d’apprentissage et de découverte. Le partenariat avec la médiathèque va permettre d'exploiter cette ressource dans le cadre de projets scolaires et extra-scolaires ».

D’autre part, la Ville déploie un plan de formation des acteurs éducatifs de la commune et des enseignants des écoles et collèges. L’objectif est de faire comprendre l’intérêt pédagogique de ces nouveaux outils et de permettre leur prise en main. Un triptyque « Investissement matériel / Formation des acteurs professionnels / accompagnement au montage de projets » se met ainsi en place dans le cadre du volet « FabLab, numérique et robotique » de la Cité éducative. Un premier cycle de formation, animé par Cap Sciences au Bois fleuri, vient de donner le coup d’envoi de cette dynamique.

Cette formation originale réunissait deux publics qui se croisent habituellement plus qu’ils ne collaborent : les professeurs des écoles et les animateurs périscolaires, les uns travaillant pour l’Éducation nationale, les autres pour la Ville, tous poursuivant des objectifs convergents au bénéfice des enfants. Au-delà de la découverte de technologies innovantes (et amusantes !), il s’agissait de former les équipes à la conduite de projets intégrants des variables dont elles n’ont pas encore fait l’expérience. Pour leur première journée de découverte, les participants ont ainsi manipulé des logiciels de création 3D et réalisé une impression 3D.

Idées pertinentes…

Chaque binôme enseignant / animateur a proposé pour son école un projet à réaliser avec les enfants. Il a ainsi été question de fabriquer un tangram ou un Tétris en 3D, de concevoir et d’imprimer des stickers pour clarifier le tri des déchets de cantine, de créer un logo d’école puis de réaliser de la signalétique gravure, de concevoir une boite à histoires ou une borne audio intégrant des éléments électroniques interactifs.

Clément Pasquier, le formateur Cap Sciences, a souligné la difficulté de concevoir un projet équilibré entre complexité et accessibilité. Celui-ci doit faire appel à la technologie d’une manière suffisamment pertinente et conséquente pour que le recours à un équipement de pointe se justifie : les projets pouvant aussi bien être réalisés avec des moyens traditionnels sont, dans ce contexte, à exclure. Dans le même temps, le projet doit rester suffisamment simple et accessible pour que les enfants puissent y prendre une part active tout au long de sa réalisation. Il s’agit donc de décomposer un projet complexe en modules simples et complémentaires, réalisables avec les contraintes du cadre scolaire et/ou périscolaire.

... et judicieux conseils

Fort de son expérience, le formateur valide la faisabilité des projets :  « Plus les éléments à imprimer sont petits, moins le coût de fabrication sera élevé et plus la réalisation en sera rapide : c’est une donnée importante lorsque le projet concerne un grand nombre d’enfants. Plutôt que de réaliser un jeu entièrement avec l’imprimante 3D, il faut peut-être envisager d’en assurer les finitions manuellement ».

Les enfants pourront ainsi être sollicités de différentes manières et profiter de la plus plus-value apportée par la machine mais sans se sentir dépossédés du geste créateur.

« Les projets doivent être menés avec un nombre d’enfants cohérent avec la nature du projet, ni trop ni pas assez, souligne Clément Pasquier. Une étape préparatoire, type concours d’idées, peut permettre de déterminer la classe la plus motivée pour assurer l’étape de fabrication. De la même manière, on peut identifier les élèves les plus motivés et en faire les représentants de leur classe lors de la réalisation pratique du projet ».

Vous allez être étonnés !

Tous les projets sont réalisables. Certains nécessiteront cependant des délais à ne pas minimiser. A condition bien sûr de clarifier les intentions et les ressources, obtenir l’accord de la direction, mobiliser une équipe, débloquer un budget, s’adapter au calendrier scolaire toujours contraint et particulièrement incertain en ce moment…

« Dans la pratique, appuie Clément Pasquier, j’ai observé qu’un projet initié une année pourra généralement être mené à bien l’année suivante ».

 

La démarche nécessite donc de l’endurance pour son porteur, lequel ne devra pas négliger une dernière étape, trop souvent oubliée :la valorisation de l’initiative et son partage au-delà de sa simple réalisation.

« Autour de 10 ans, les enfants sont très vite à l’aise avec les outils numériques, conclue Clément Pasquier. Il ne faut pas hésiter à leur confier des tâches qu’on estime un peu trop compliquées. Vous allez être étonnés par la capacité des enfants à apprendre et à produire rapidement ».

Des professionnels enthousiastes

« C’était une journée très intéressante, sourit Lætitia Jaffard, conseillère pédagogique pour l’ensemble des écoles de Lormont. D’autant plus qu’il s’agissait d’une formation mixte : nous sommes quatre enseignants et quatre animateurs périscolaires. Nous avons appris à nous connaître au fil des ateliers qui associaient systématiquement un personnel éducation nationale et un agent municipal. Cela nous a permis d’échanger, de croiser nos points de vue. Même si nous n’avions pas les mêmes enjeux, nous pouvions tout de même mener des actions complémentaires. Nous avons pris conscience qu’il y a de la bonne volonté des deux côtés et que les projets peuvent s’articuler très rapidement. Il suffit juste de prendre un peu de temps pour en parler ensemble… ce qu’on fait trop rarement, faute de temps pour cela ».

Et Lætitia de conclure : « Mais les projets que nous allons initier devraient donner envie à d’autres enseignants et animateurs de suivre également une formation de ce type et de se lancer dans des projets partagés ».

Contact
Chloé Estève, cheffe de projet Cité éducative
07 88 41 21 38 / chloe.esteve@lormont.fr