Ferme urbaine des Iris

Une belle nature !

Nouvelle recrue de la ferme urbaine des Iris, Réhane Geslin, animatrice, aide les citadins, souvent déracinés, à renouer avec la nature.

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Le froid pince sur le coteau lormontais en plein mois de janvier, et même parfois il pleut des cordes, mais Réhane est une bonne nature : « J'aime bien travailler dehors et puis on est bien équipés, » remarque-t-elle alors que débute sa journée de travail, en plein air, près de l'enclos des lapins.

Nourrir les animaux, entretenir les enclos au quotidien, installer du broyat pour stabiliser les sols boueux, faire circuler les brebis dans les différents secteurs du parc... ces gestes lui sont devenus habituels depuis novembre dernier.

« On est un peu soigneurs animaliers, » explique la jeune-femme de 24 ans qui rêvait de devenir vétérinaire en milieu rural. « J'aime le contact avec les animaux. Même le nettoyage des enclos ne me dérange pas. Il y a une bonne équipe. Et j'apprécie l'autre facette de ce métier, l'animation pédagogique. »

« Il y a dix ans, ce projet de ferme devait paraître fou. Il est pourtant essentiel »

Sur le CV de cette native de Bourg-en-Bresse, une licence de biologie, un master en biodiversité et suivi environnementaux à Bordeaux, et un service civique auprès de la Ligue de l'Enseignement, qui l'a conduite en avril dernier à Lormont pour l'installation de ruches dans le cadre du dispositif « mon village, espace de biodiversité ».

Sa présence à la ferme, pour un contrat d'un an renouvelable, permet de développer les animations et de nouveaux projets. Après une formation au compostage et à la permaculture fin janvier, elle contribuera au déploiement progressif des composteurs dans les écoles et au développement du potager pédagogique.  « On vient d'y faire des semis de blé, qui seront suivis d'orge, de maïs et de tournesol, pour montrer aux enfants comment poussent la nourriture des animaux. » Suivra la mise en place de boîtes à livres en matériaux naturels dans tous les parcs lormontais.

« On transmet des valeurs environnementales aux enfants, qu'ils transmettent à leur tour à leurs parents. Beaucoup sont très sensibilisés à l’environnement. L'autre jour il y en a un qui nous a annoncé qu'il voulait devenir coiffeur d'ânes ! D'autres nous disent : à quoi ça sert, l'écologie ? Disons qu'on fait ce qu'on peut à notre échelle. On ralentit un peu le processus. »

La ferme est aussi un outil de lien social, où des publics très variés se croisent.

« Souvent on reçoit des enfants venus d'établissements de soins. Le contact avec les animaux les canalise ou les responsabilise. »

Nul besoin d'être petit pour s'émerveiller. Ici, à tout âge et à deux doigts de la ville, on peut regarder grandir les treize hérissons hébergés cet hiver, suivre la gestation des brebis, couver les poussins et les agneaux du regard, nourrir les ânes ou les canards et, comme le souligne Réhane, « se reconnecter à la biodiversité locale » et aux cycles de la nature.

Le parc de 5 hectares et la ferme urbaine sont ouverts tous les jours de 8h à 18h du 22 septembre au 20 mars, et de 8h à 20h du 21 mars au 21 septembre.