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Exposition

Sous les arbres, la mer

La salle d’exposition du Bois fleuri accueille les œuvres de Lucie Bayens Sous les arbres, la mer. Cette exposition est une évocation sensible des formes de vies marines les plus primaires. D’abord présentée cet été au Parc Palmer à Cenon, elle est proposée sous une forme plus élargie à Lormont. A découvrir jusqu’au 18 décembre. Rencontre avec Lucie Bayens, artiste plasticienne bordelaise.

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Parlez-nous de vous et de votre parcours ?

« J’ai tissé mon chemin d’artiste plasticienne en passant par les Beaux Arts de Bordeaux et en m’installant par la suite dans un atelier de l’Espace 29 à Mériadeck (Bordeaux).

Chercheuse téméraire aux influences transhistoriques, je réalise des expositions en solo ou collectives essentiellement basées en Gironde. Je glane énormément dans l’espace public et dans mon quotidien pour transformer les déchets en œuvres séduisantes pour l’œil. Étant artiste plasticienne, j’utilise toutes matières ou techniques qui peuvent servir le propos. »

 

 

Vous employez le mot « glaner », mais que représente-t-il réellement pour vous ?

« C’est une nécessité. Glaner c’est pour moi le geste de ramasser un quelconque objet ou déchet par terre. Sur le tableau de Jean-François Millet Des glaneuses, les glaneurs et glaneuses recueillent après la récolte ce qui reste à terre, on en revient donc à la nécessité de base. C’est aussi une nécessité pour moi, pour pouvoir confectionner mes œuvres. »

 

Comment vous est venue l’idée de cette exposition Sous les arbres, la mer ?

« Lors de l’exposition Lisières, invisibles fragments de paysage qui a eu lieu au Bois fleuri, Charlotte Huni ancienne directrice de PanOrama est venue découvrir cette œuvre temporaire. Dès qu’elle a vu ma pièce La Garonne suspendue en filet de fruits et légumes tressés, elle m’a proposé ce projet « habitants » dans le cadre de La nuit verte 2020. Comme j’avais déjà pensé à une installation autour de l’idée du plancton, simultanément nos idées se sont jointes. Elle m’a aussi évoqué le fait de travailler en commun avec les tricoteuses qui étaient toujours présentes et enthousiastes à donner un coup de main dans ce genre de projet (aussi présentes pour PanOrama).

Du plancton, du tricot : c’est ça, c’est parfait ! »

 

 

Quel message souhaitez-vous faire passer à travers cette exposition ?

« J’essaye par le prisme de la séduction de l’œil, grâce aux arts plastiques, d’alimenter des questionnements très actuels tels que : Où en sommes-nous avec la planète ? Quel est notre rapport au vivant ? Comment nous positionnons nous en tant qu’être humain et groupe humain dans les écosystèmes ? Et encore plus vis-à-vis de l’hydrosphère car les océans sont les poumons de la Terre.

Il y a aussi cet hommage aux arbres : avant d’avoir conquis l’air, les plantes et les arbres vivaient dans l’eau. Et j’apprécie beaucoup l’idée que nous sommes tous là grâce à eux et qu’ils ont participé à sculpter notre corps. S’il n’y avait pas eu les arbres notre main n’aurait pas cette forme… »

Quelles ont été les personnes engagées avec vous dans ce projet ?

« Ce projet a été extraordinaire et riche en rencontres. Premièrement les tricoteuses,  crocheteuses, couturières et bricoleuses m’ont accompagné dans ce projet. Elles m’ont été complémentaires car elles m’ont apporté la technique que je n’avais pas pour réaliser cette exposition.

Avec l’équipe de PanOramas nous nous sommes rendu compte qu’il était très intéressant d’ajouter une bande son à l’exposition. J’ai donc rencontré Gaétan Martin, directeur de l’école de musique de Cenon ainsi qu’Élisa Dignac, professeure de violoncelle. Élisa a très vite compris ma demande, et a réalisé cette bande son avec 17 élèves de générations différentes. La composition a été jouée à l’occasion de la présentation en juin 2021 au Parc Palmer. Elle a ensuite été enregistrée pour être diffusée lors de cette représentation au Bois fleuri à Lormont.

Une collaboration avec la composterie de Lormont a également été mise en œuvre. En effet, les employés de la composterie m’ont offert des parties d’un vétuste Saufaurah de Lormont afin de mettre en concordance l’exposition à son nom Sous les arbres, la mer. Cet arbre a beaucoup compté pour la commune ce qui ajoute une dimension sentimentale à cette exposition. »

 

Vous accordez beaucoup d’importance à la nature et encore plus à la mer et l’eau, pourquoi ?

« Étant depuis toute petite bordelaise, j’avais le regard perdu sur l’horizon de la mer. Mes parents m’ont alors insufflé par leur pratique de la pêche ou de la cueillette des champignons leur rapport à la nature et surtout à la mer. Le langage plastique que j’ai développé est donc forcément lié à la nature, au vivant, ainsi qu’aux premières formes de vies apparues dans les eaux. »

 

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

« Ma source principale d’inspiration est mon quotidien, ce qui se passe autour de moi, ce que je perçois et ressens. Il y a aussi un côté plus culturel, énormément d’artistes ont nourri et nourrissent encore mon œil. Nous sommes la somme de nos rencontres et de nos chocs esthétiques. »

 

N’hésitez pas à suivre les aventures et les projets de notre artiste plasticienne sur ses réseaux sociaux : @luciebayens ainsi que sur son site internet : luciebayens.com.

 

+ d'info :
La page de l'exposition
Vernissage le vendredi 26 novembre à 18h (présence de l'artiste à partir de 15h).
Présence de l'artiste le mardi 30 novembre de 15h30 à 19h.
Tout public. Entrée gratuite.
Pass sanitaire et port du masque obligatoires
Infos au 06 37 35 64 37